A la rentree 1997, il passe aux 6h-12h des week-ends sur Nostalgie apres le rachat par NRJ Group. Il anime progressivement des tranches en semaine comme "joker", puis 9h-13h les week-ends en 2011, 10h-15h en avril 2013, et enfin la tranche 10h-13h les week-ends a la rentree 2013-2014. A la mi-mars 2014, il integre la grille hebdomadaire avec la tranche 16h-20h du lundi au vendredi. Il est credite de 1 280 000 auditeurs quotidiens en audience cumulée (Mediametrie, janvier 2018).
En 2014, quand Frédéric Marc l'invite, Bruno Gilbert est au cœur de l'aventure du Grand Morning, entouré de Louise Ekland. Il parle de son métier avec la sérénité de quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait et pourquoi il le fait, une clarté éditoriale et humaine qui explique en grande partie sa longévité dans un secteur où la pression des sondages est permanente et les carrières souvent brèves.
Résumé de l'entretien
L'entretien s'ouvre sur l'enfance et cette révélation à Saint-Valéry-en-Caux : Bruno Gilbert a 6 ans, il assiste à une émission RTL en direct au casino avec Fabrice Vive-l'Empereur et Pierre Dalac. Il revient le lendemain. C'est décidé. Ses parents résistent - "c'est pas un métier" - mais il finit par faire de la radio.
1985 : Radio Solaris à Yvetot. Pas une radio libre - déjà structurée, des permanents, des contrats TUC. Il maquette un mois. Puis Dieppe FM, Fun Radio Rouen, Radio Service, et quatre ans sur Radio Valet-de-Seine. Le 23 février 1993, il fait la sieste. Le téléphone sonne, le répondeur prend. Quand il se réveille une heure après : "Bonjour, Christophe Sabot, NRJ, rappelez-moi." Il rappelle immédiatement. Christophe Sabot lui propose la matinale de Chérie FM en duo avec Corinne Madek.
Pendant presque trois ans, il fait Rouen-Paris aller-retour tous les jours en se levant à 2h30 du matin. Par tous les temps, pluie, vent, neige, verglas. Il n'y a qu'une fois où il a failli ne pas venir. Puis le 9h-13h, puis l'après-midi. Et depuis plus de 21 ans en 2014, Nostalgie.
L'entretien se conclut sur ce que c'est qu'être animateur de radio musicale au long cours : la loyauté envers sa station, l'ambassadeur qu'on est même micro fermé, et ces moments où des inconnus en covoiturage reconnaissent ta voix sans savoir d'où ils la connaissent.
5 temps forts de l'épisode
L'arrivee sur Cherie FM en 1993 et les années de morning puis de matinées
Le passage a Nostalgie apres le rachat par NRJ Group et les week-ends de 6h a midi
La progression sur Nostalgie : week-ends, puis tranche quotidienne 16h-20h en mars 2014
1 280 000 auditeurs quotidiens en audience cumulée - un des grands succès de Nostalgie
Sa philosophie de la longévité : attention aux auditeurs, humilité et curiosité comme seuls antidotes à la routine
Sujets abordés
Les radios libres normandes des années 80 : Radio Solaris, Dieppe FM, Fun Radio Rouen
RVS pendant 4 ans et l'apprentissage du métier loin de Paris
Cherie FM : le morning, les matinées, les après-midis
Le rachat de Nostalgie par NRJ Group et l'integration dans un format adulte
La progression des tranches sur Nostalgie jusqu'a la tranche 16h-20h en semaine
Le métier d'animateur sur une radio musicale adulte et la fidélisation des auditeurs
La fidélisation des auditeurs adultes dans un paysage radiophonique de plus en plus fragmenté
La longévité dans un format qui impose la répétition et le renouvellement simultanés
Bruno Gilbert débute en 1985 dans les radios libres normandes : Radio Solaris a Yvetot, Dieppe FM, Fun Radio a Rouen, Radio Service et RVS pendant 4 ans. En 1993, il rejoint Cherie FM pour le morning, puis les matinées et les après-midis.
A la rentree 1997, il passe aux week-ends de Nostalgie apres le rachat par NRJ Group. Il progresse methodiquement : joker en semaine, 9h-13h les week-ends (2011), 10h-15h (avril 2013), 10h-13h week-ends (2013-2014), puis 16h-20h en semaine depuis mars 2014. Credite de 1 280 000 auditeurs quotidiens en audience cumulée (Mediametrie, janvier 2018), il est l'une des grandes voix de Nostalgie.
La radio française à cette époque
La radio musicale pour adultes est l'un des segments les plus compétitifs de la FM française des années 2000-2010. RFM, Chérie FM, Nostalgie et RTL2 se disputent un public de trentenaires et quarantenaires avec des formules centrées sur la convivialité et la nostalgie musicale. La matinale est le cœur battant de ces stations, elle crée la fidélité, installe l'identité sonore et génère les audiences qui attirent les annonceurs.
La formule du duo animateur-chroniqueuse, répandue dans ces matinales adultes, crée une dynamique de couple radio que les auditeurs s'approprient affectivement. RTL2 a fait de cette formule un modèle avec Le Grand Morning, et Bruno Gilbert en est l'artisan le plus durable et le plus accompli de sa génération.
Analyse & héritage
Bruno Gilbert a exercé son métier dans un paysage radiophonique français où la concurrence entre les grandes antennes généralistes et les stations musicales spécialisées structurait de façon de plus en plus complexe le marché de l'audience. Les radios généralistes comme RTL, Europe 1 ou France Inter avaient traversé les décennies en adaptant leurs grilles aux évolutions des goûts et des modes de vie des Français, tout en préservant une certaine idée de la radio comme espace de parole, d'information et de divertissement exigeant. Sud Radio, de son côté, représentait une autre tradition, celle des radios régionales à ambition nationale, ancrées dans des territoires et des sensibilités spécifiques. Nostalgie avait quant à elle trouvé sa niche en capitalisant sur la mémoire musicale de plusieurs générations d'auditeurs. RTL2, plus récente dans le paysage, cherchait à se positionner comme une alternative musicale populaire au sein du groupe RTL. Naviguer entre ces différentes antennes tout au long d'une carrière suppose une capacité d'adaptation éditoriale remarquable, doublée d'une voix et d'une personnalité suffisamment affirmées pour rester reconnaissables quelle que soit la couleur de l'antenne qui vous accueille.
Bruno Gilbert s'est imposé comme l'une des voix les plus solides et les plus polyvalentes du paysage radiophonique français, capable de porter aussi bien les ambitions d'une matinale d'information que les exigences d'une radio musicale de référence. Son passage par des antennes aussi diverses que Sud Radio, Europe 1, RTL, Nostalgie et la matinale de RTL2 témoigne d'une carrière construite sur la durée et sur la confiance que des équipes éditoriales très différentes ont succèssivement placée en lui. Le Grand Morning, lancé le 8 octobre 2007, représente sans doute l'un des moments les plus emblématiques de son parcours : une émission matinale ambitieuse, portée par une équipe soudée autour de Bruno Gilbert, Alessandra Sublet et Agathe Lecaron, qui conjuguait information, divertissement et proximité avec les auditeurs. La matinale est le moment roi de la radio généraliste, celui qui concentre le plus d'enjeux d'audience et d'exigences éditoriales, et l'avoir animée avec succès place Bruno Gilbert au rang des professionnels les plus accomplis de sa génération.
RTL est l'une des grandes institutions de la radio française, une antenne dont l'histoire remonte à bien avant la libéralisation de 1981 et qui a traversé les décennies en conservant une place de premier plan dans le cœur des auditeurs. Europe 1, autre pilier des radios périphériques historiques, a connu des fortunes diverses mais a longtemps incarné une certaine idée de la radio d'information et de culture populaire. Sud Radio, avec son ancrage territorial fort et ses ambitions nationales renouvelées, représente une autre approche du généralisme radiophonique. Nostalgie, enfin, est le témoignage vivant de la puissance de la mémoire musicale comme vecteur d'identité radiophonique. Avoir travaillé dans ces différentes maisons, chacune avec sa culture propre, ses rituels et ses exigences spécifiques, a forgé chez Bruno Gilbert une richesse d'expérience et une profondeur de métier que seul le passage par des univers multiples peut produire.
Dans cet entretien enregistré en 2014, Bruno Gilbert revient sur les grandes étapes de sa carrière et en livre une lecture personnelle et nuancée. Il évoque la naissance du Grand Morning et la dynamique particulière qui s'était créée entre lui, Alessandra Sublet et Agathe Lecaron, trois personnalités complémentaires dont la complicité à l'antenne expliquait en grande partie le succès de l'émission. Il parle de ce que représente l'exercice de la matinale radiophonique, avec ses contraintes de rythme, ses exigences d'information et sa nécessité de créer dès les premières minutes une atmosphère chaleureuse et stimulante. Il réfléchit également aux différences éditoriales entre les antennes qu'il a traversées et à ce que chaque étape lui a apporté dans sa construction professionnelle.
L'héritage de Bruno Gilbert est celui d'un professionnel dont la constance et la qualité du travail ont été reconnues par les équipes les plus exigeantes du paysage radiophonique français. Sa présence sur des antennes aussi différentes que Sud Radio, Europe 1, RTL ou Nostalgie témoigne d'une polyvalence rare, et sa capacité à animer une matinale aussi ambitieuse que Le Grand Morning aux côtés de partenaires aussi talentueux qu'Alessandra Sublet et Agathe Lecaron illustre la profondeur de son engagement pour un certain idéal de la radio généraliste populaire et exigeante. Dans un métier où la durée est souvent la meilleure mesure de la valeur, Bruno Gilbert a su inscrire son nom dans le temps avec la régularité et la sérénité des grands professionnels. Son parcours est une invitation à ne jamais sous-estimer la richesse que procure la diversité des expériences et des antennes dans la construction d'une identité radiophonique durable et solide.
Pourquoi écouter cet épisode
Bruno Gilbert n'est pas quelqu'un qui fait de la radio pour se faire remarquer. Il fait de la radio parce qu'il l'aime depuis l'âge de 6 ans et qu'il ne sait pas faire autre chose. Cet entretien avec Frédéric Marc raconte ce que c'est qu'une carrière construite dans la durée, loin du buzz et des réseaux, à travers des radios normandes puis une nationale, avec la même régularité et la même fidélité.
Pour ceux qui écoutent Nostalgie l'après-midi, c'est comprendre d'où vient cette voix. Pour les autres, c'est une histoire de passion, de persévérance et de ces matins à 2h30 où on prend la route sous la neige parce qu'on a une antenne à tenir.