Épisode 01
2014
NL
Invité

Nicolas Lespaule - radios libres, rock et Saturday Night

Nicolas Lespaule, passionné de radio et de rock'n'roll depuis 40 ans, poursuit son rêve avec la même NRJ. Producteur et animateur des premières radios libres, il prône une radio libre, sociale et authentique. En 2009, il lance Saturday Night by Lespaule, une émission qui casse les codes de la radio commerciale. Diffusée le samedi soir, elle mêle classiques du rock, raretés et mixes audacieux.

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Extrait - La nuit au Bar Romain avec Richard Bohringer
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Radios libres Rock'n'roll Saturday Night Musique

Contexte de l'interview

Enregistré en 2014 sur Radio Fugue, cet entretien réunit Frédéric Marc et Nicolas Lespaule pour une conversation rare - 35 ans de radio française racontés avec humour et pudeur. Tout commence par un stage d'été à RTL à 15 ans, pour financer un voyage de judo au Japon. C'est la découverte de Jimi Hendrix qui déclenche la vocation : incapable de jouer comme lui, il choisit la radio pour partager la musique qu'il aime.

De RFM aux côtés de Sergio Bufalo et Bernard Lenoir, à Nostalgie, en passant par la naissance de "C'est beau une ville la nuit" avec Richard Bohringer - né d'une nuit mémorable au Bar Romain en compagnie de Mylène Farmer - Nicolas Lespaule retrace un parcours fait de rencontres improbables. Il évoque aussi Saturday Night by Lespaule sur Ouï FM, la maladie qui l'a écarté du système, et sa reconstruction.

Résumé de l'entretien

L'entretien s'ouvre sur une anecdote inattendue : un stage d'été à RTL à 15 ans, organisé par la fédération de judo pour financer un voyage au Japon. C'est là que Nicolas Lespaule découvre le monde de la radio. Puis vient la révélation Jimi Hendrix - incapable de jouer comme lui, il choisit de partager la musique par la radio. Il raconte ses premières émissions avec des amis, Vol de Nuit, avant son arrivée à RFM via Jean-Martin Elie.

À RFM, il anime Radiostar, une émission qui lui permet d'interviewer David Bowie, Peter Gabriel et les plus grandes stars internationales. Un soir, faute d'invité, il accepte de rencontrer un acteur peu connu nommé Richard Bohringer. La suite se passe au Bar Romain, avec Mylène Farmer, autour de verres et d'improvisations nocturnes sur fond de Miles Davis. C'est beau une ville la nuit naît cette nuit-là.

Nicolas Lespaule évoque ensuite Nostalgie, qu'il considère comme sa plus grande fierté, et Saturday Night by Lespaule sur Ouï FM. Il aborde aussi, avec franchise et pudeur, la maladie qui l'a écarté du système médiatique, l'éviction, et la reconstruction autour d'une petite structure de production musicale montée avec Jean-Marc Benaïs - pianiste ayant joué avec Aretha Franklin et Michel Legrand.

5 temps forts de l'épisode

  1. Un stage à RTL à 15 ans pour financer un voyage de judo au Japon - et la découverte de Jimi Hendrix qui décide d'une carrière
  2. L'arrivée à RFM via Jean-Martin Elie, et le choc de se retrouver en studio la nuit aux côtés de Sergio Le Bufalo et Bernard Lenoir
  3. Radiostar sur RFM : les interviews de David Bowie, Stevie Ray Vaughan, Don Henley et Peter Gabriel
  4. Une nuit au Bar Romain avec Richard Bohringer et Mylène Farmer - et la naissance de "C'est beau une ville la nuit"
  5. La maladie, l'éviction du système, et la reconstruction : un témoignage rare sur les coulisses difficiles du métier

Sujets abordés

  • Les débuts à RTL à 15 ans - un stage de judo qui tourne à la vocation radiophonique
  • La révélation Jimi Hendrix et le choix de partager la musique plutôt que de la jouer
  • L'émission Vol de Nuit, puis l'arrivée à RFM via Jean-Martin Elie et Geneviève Maillère
  • Radiostar sur RFM : les grandes interviews de David Bowie, Stevie Ray Vaughan, Don Henley et Peter Gabriel
  • La rencontre avec Richard Bohringer au Bar Romain avec Mylène Farmer et la naissance de "C'est beau une ville la nuit"
  • Nostalgie, Saturday Night by Lespaule sur Ouï FM, et BFM La Radio de l'économie
  • La maladie, l'éviction du système médiatique et la reconstruction

L'invité

Nicolas Lespaule est l'une des figures les plus discrètes et les plus respectées de la radio française. Son parcours commence à 15 ans, avec un stage d'été à RTL pour financer un voyage de judo au Japon - une entrée dans le monde de la radio aussi inattendue que décisive. C'est la découverte de Jimi Hendrix qui déclenche la vocation : incapable de jouer comme lui, il choisit la radio pour partager la musique qu'il aime.

Il passe par RFM aux côtés de Sergio Le Bufalo, Laurence Boccolini et Arthur. Il y anime entre autre Radiostar où il interviewe David Bowie, Stevie Ray Vaughan, Don Henley et Peter Gabriel, et crée avec Richard Bohringer l'émission "C'est beau une ville la nuit", née d'une nuit mémorable au Bar Romain en compagnie de Mylène Farmer. RFM et les neuf années qu'il passera à Nostalgie sont sa plus grande fierté.

Nicolas change de format quand il dirige BFM "La Radio de l'économie". Parallèlement il anime "Ouï Love le Bus" et "Saturday Night by Lespaule" sur Ouï FM. Plus tard il monte sa propre structure de production médias. Le parcours de Nicolas Lespaule est fait de rencontres rares, traversé par la résilience, raconté ici avec franchise et pudeur.

La radio française à cette époque

Jusqu'en 1981, le monopole d'État sur la radiodiffusion étouffe toute expression alternative sur les ondes. Les radios pirates, émettant depuis des caves, des appartements ou des camionnettes, représentent un acte de résistance culturelle et politique. La loi Fillioud de novembre 1981 libéralise les ondes et déclenche une explosion créative : des centaines de radios associatives naissent en quelques mois, inventant au quotidien une nouvelle façon de faire de la radio.

Analyse & héritage

Pour comprendre la trajectoire de Nicolas Lespaule, il faut d'abord se replonger dans le bouillonnement extraordinaire qui a redéfini le paysage radiophonique français à partir du début des années 1980. La loi du 9 novembre 1981, portée par le gouvernement Mitterrand, mit fin au monopole d'État sur les ondes et ouvrit la voie à une explosion de créativité sans précédent : des centaines de radios libres surgirent dans toute la France, portées par des passionnés, des militants, des amoureux de musique et de communication directe. C'était une époque où la radio se vivait comme un acte politique autant qu'artistique, où le micro représentait un outil d'émancipation culturelle. La bande FM, auparavant quasi déserte, se peupla de voix nouvelles, de formats inédits, d'expérimentations sonores qui tranchaient radicalement avec le conformisme des radios périphériques historiques comme RTL ou Europe 1. Cette libéralisation fut suivie, dans les décennies suivantes, par une concentration progressive du secteur, puis par l'irruption du numérique et des plateformes de streaming, qui transformèrent à nouveau les codes d'écoute et de production radiophonique. C'est dans ce contexte en perpétuelle mutation que Nicolas Lespaule a construit, pied à pied, une identité radiophonique singulière et farouchement indépendante.

Dans cet entretien enregistré en 2014, Nicolas Lespaule revient longuement sur sa vision singulière de la radio et du rôle que celle-ci doit jouer dans la société. Il évoque avec précision et passion l'histoire des radios libres, leur dimension politique et culturelle, la façon dont elles ont bouleversé les habitudes d'écoute et ouvert des espaces d'expression inédits pour toute une génération. Il exprime ses réserves à l'égard de la montée en puissance des algorithmes de recommandation musicale, qu'il perçoit comme une menace contre la singularité et la liberté du choix éditorial humain. Il parle également de son rapport au rock comme à une culture vivante, irréductible aux formules commerciales, et de la manière dont Saturday Night by Lespaule tente de préserver cet espace d'écoute authentique.

L'héritage de Nicolas Lespaule est celui d'un résistant des ondes, d'un homme qui a choisi la cohérence sur la notoriété et la fidélité à ses valeurs sur la facilité des compromis. Dans un paysage radiophonique où la concentration des groupes médiatiques a progressivement réduit la diversité des voix et des formats, son engagement pour une radio libre, sociale et authentique prend une valeur d'autant plus précieuse qu'il est rare. Il rappelle que la radio, dans son essence la plus pure, est un art de la présence et du partage, une relation vivante entre un animateur et ses auditeurs, irréductible à la mécanique froide des outils algorithmiques. Quarante ans de passion rock et plusieurs décennies d'antenne ont forgé en lui une mémoire vivante des ondes françaises, un témoin irremplaçable des transformations qui ont façonné ce média au fil des décennies. Son nom restera associé à cette idée que la radio peut et doit rester un espace de liberté, de culture et d'humanité partagée.

Pourquoi écouter cet épisode

Pour quiconque s'intéresse à l'histoire de la radio française et à la façon dont une passion peut traverser les décennies sans jamais s'émousser, cet entretien est un témoignage rare. Nicolas Lespaule ne parle pas de la radio comme d'un métier : il en parle comme d'une vocation, un engagement total envers un médium et un public qui ont façonné toute son existence.

Son enthousiasme intact après quarante ans est en lui-même un message d'espoir. Dans un monde dominé par les algorithmes et la standardisation, il prouve qu'une passion sincère et une exigence éditoriale constante peuvent construire une communauté fidèle et durable, quelle que soit la plateforme. Un épisode essentiel pour comprendre ce que la radio a de plus irremplaçable.

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